Développer une culture de la sensibilité, construire une école égalitaire et émancipatrice

L’écologie politique relie les savoirs, l’humain et son environnement et, s’intéressant à leurs liens, interroge l’opposition entre nature et culture. Elle relie aussi en chacune et chacun de nous la tension entre l’individuel et le collectif,  entre nos instincts solitaires et nos instincts de coopération, relie le je et le nous. En cela, une politique écologiste est une politique qui soutient, promeut et encourage l’ensemble des domaines et des acteurs qui contribuent à l’émancipation individuelle et collective et à la compréhension du monde. 

 

Aujourd’hui, nous avons besoin de refaire collectif, de favoriser les liens humains et les liens aux vivants à la consommation passive; de créer des ponts et non d’exclure; de se retrouver. 

 

Nous avons aussi besoin d’une école et d’un système d’apprentissage en rupture avec les logiques de méritocratie concurrentielle et reproductrice d’injustice sociale, pour nous attacher à former des citoyen·ne·s libres et égaux conscients de leurs responsabilités sociales, environnementales et civiques ; une école qui porte des ambitions de mixité et de justice sociale.


Un système éducatif ancré dans les enjeux sociaux et environnementaux

 

  •  Mettre en place un vaste plan de formation continue à destination du corps enseignant sur ces enjeux socio-écologiques et sur la sensibilisation à essaimer pour limiter au maximum l’éco-anxiété, accompagner les élèves et étudiant·e·s, etc. ;
  • Renforcer et déployer les moyens de la formation professionnelle pour soutenir la transition et nous donner les moyens de la réussir. La transition écologique nécessite une transformation de nos sociétés et de nos emplois. Pour y faire face, de vastes plans de formation seront mis en place à l’échelle régionale (et adapté aux territoires) dans le triple objectif de permettre la compréhension des enjeux socio-écologiques, le déploiement de nouvelles pratiques (ex : BTP, agroécologie) et le développement de nouvelles compétences (industrie du vélo, ACV & Bilan carbone, décarbonation de la mobilité) 
  • Soutenir les associations d’éducation populaire pour favoriser l’organisation collective  des citoyen·ne·s pour défendre leurs droits.
  • Développer une stratégie nationale et appuyer les collectivités pour la mise en place de dispositifs de “vacances pour tous”.

 

  • Un parcours éducation-santé pour chaque élève : il faut lutter contre le manque d'activité physique dès le plus jeune âge et casser les courbes de sédentarité, ainsi ce parcours comprendra plus de sport, l'apprentissage de la nutrition et des comportements favorables à sa santé. Les établissements scolaires pourront bénéficier d’emplois communs pour développer ce parcours, de même que les fédérations sportives pour assurer leurs missions de service public.

 

Mieux prendre soin des enseignant·e·s et personnel éducatif pour mieux prendre soin des élèves

 

Créer 35 000 postes d’enseignant·e·s et de personnel éducatif sur le quinquennat dont 7 500 dès la première année (nombre de suppression de postes pendant le quinquennat Emmanuel Macron) pour réduire le nombre d’enfants par classe, rétablir  le dispositif “plus de maîtres que de classes” afin d'accroître le travail coopératif entre enseignant·e·s. Les premiers postes créés le seront dans des  écoles et établissements de l'éducation prioritaire et les écoles et établissements où le manque de personnel est le plus significatif. 

 

130 000 emplois communs au service de l’éducation : 124 000 personnes viendront épauler les acteurs·trices éducatifs dans l’ensemble des établissements pour soutenir la transition : lien avec le monde associatif et la nature, jardinage, économies d’énergie et de déchets, soutien aux équipes enseignantes, travail sur les mobilités et l’alimentation… 6 000 emplois communs seront dédiés en outre aux zones d’éducation prioritaire. 

 

Former et recruter 1 000 personnes pour amplifier la formation aux enjeux socio-écologiques du primaire à l'université. L’objectif sera de former un million d'enseignant·e·s en cinq ans afin d’assurer la transmission de connaissances sur ces enjeux et de leur fournir les clés pour accompagner les étudiant·e·s dans leur prise de conscience.
L’objectif sera d’avoir un système éducatif qui forme à la compréhension du contexte planétaire (enjeux énergie-climat, limites planétaires, causes et impacts sociétaux) et permette l’acquisition des compétences pour y répondre.

Revaloriser socialement et économiquement celles et ceux qui contribuent à l’éducation et au bien être de nos enfants : mieux prendre soin des enseignant·e·s, c’est aussi mieux prendre soin des élèves. Nous proposons notamment une rémunération digne d’un pays européen et la valorisation de leurs missions particulières -projets spécifiques, soutien etc.-; des passerelles favorisant la reconversion et la diversification des profils à mi-carrière

 

Les conditions de formation initiale et tout au long de la carrière des enseignants doivent être une priorité pour accompagner le nouveau souffle et la confiance donnée au monde éducatif pour remplir ses missions. La place du secteur public dans la formation doit être revalorisée, notamment par un renforcement de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes.

Soutenir l’art et la culture 

 

Une culture pour et par la jeunesse : développer un plan ambitieux de généralisation d’éducation artistique et culturel de la maternelle au lycée. Encourager les « jumelages artistiques et culturels » entre des établissements scolaires, des équipements culturels, des structures sociales. Reconnaître la légitimité des pratiques culturelles majoritairement appréciées et réalisées par des jeunes (cultures urbaines, pratiques numériques…).

 

Une culture du dialogue et de la découverte qui se déploie dans l’ensemble des territoires : créer un fonds de soutien et des emplois communs en faveur des initiatives artistiques et culturelles dans les territoires ruraux et périphériques (mise en réseau d’artistes, résidence, soutien à la création…). Développer les résidences artistiques et les pratiques artistiques , dans des établissements recevant des publics dit empêchés (prisons, EHPAD; hôpitaux...); renforcer et diversifier les dispositifs de médiation;

 

 Renforcer la tarification sociale et la gratuité dans les structures publiques ou majoritairement financées par les institutions publiques ; renforcer et diversifier les dispositifs de médiation et les collaborations entre les structures culturelles et les acteurs, des territoires.; créer un fonds de soutien pour les initiatives artistiques et culturelles (mise en réseau d’acteurs, résidence, soutien à la création…) dans les territoires ruraux et périphériques; 

Promouvoir les droits culturels : soutenir l’ensemble des esthétiques et des formes d’expressions artistiques et culturelles; favoriser la participation des citoyen.ne.s dans la construction de la politique culturelle et patrimoniale pour que la population ne soit pas simplement spectatrice mais actrice de la culture (Création d’aides spécifiques aux créations partagées artistes/habitant-es, Création d’une instance de participation citoyen-ne au sein des DRAC.)

 

Accompagner les acteurs·trices culturels et sportifs dans leur démarche d’éco-responsabilité : créer des emplois communs pour les accompagner  dans leur démarche éco-responsables (réduction des déchets, alimentation de proximité lors des festivals ou des compétitions, mutualisation de matériel, …). développer en lien avec les acteurs des formations sur l’éco-responsabilité des lieux et événements culturels; coopérer avec les collectivités pour créer des Plans de mobilités culturels ayant pour objectif de favoriser les mobilités douces ou collectives pour les publics. 

 

Garantir l’égalité femme-homme dans la culture : les aides aux secteurs artistiques seront éga-conditionnées, dés 2023, à la réalisation d’objectifs chiffrés de progression en matière d’égalité tant dans les postes administratifs et artistiques, que dans la programmation culturelle, avec pour objectif l’égalité d’ici 2030; réhabiliter la contribution des femmes à l’histoire de l’art, ainsi que la valorisation du matrimoine.

 

Favoriser l’enseignement aux langues régionales, contributrices de notre richesse culturelle 

 

Favoriser l’accès pluriel à l’information en luttant contre la surconcentration des médias (dispositions antitrust, soutien à la participation citoyenne) mais aussi à lutter contre la circulation des fakes news (renforcement du CSA, développement de l’éducation aux écrans…)

 

Investir dans une recherche au service de la transition

 

Consacrer 3% du PIB à l’investissement global de R&D en augmentant significativement le budget de la recherche publique dans l’ensemble des domaines académiques; 

 

Recréer les 9 000 postes supprimés dans la recherche publique depuis 2005 et simplifier drastiquement les contraintes administratives et financières imposées aux chercheuses et chercheurs. Revenir sur la Loi de programmation de la recherche notamment sur le statut de chercheurs·ses en contrat de missions, sur la disparition de la référence aux 192 heures annuelles d’enseignement pour les enseignant·e·s-chercheurs·ses et sur la multiplication des appels à projet au détriment des crédits récurrents pour les laboratoires. Enfin, le salaire à l’entrée de carrière doit être revalorisé. 

 

Développer la logique de spin off qui consiste à faciliter l’utilisation par les entreprises des résultats de la recherche appliquée pour  créer un effet de levier financier public/privé et accélérer le passage à la production.

Conditionner le crédit impôt-recherche à des objectifs de transition écologique et d’éco-conception des produits. Il sera fléché  vers les PME et vers les industries fortement émettrices (ciment, sidérurgie…) pour soutenir l’efficacité énergétique des usines et les changements de méthodes de fabrication et une substitution progressive du charbon par de l’électricité ou des déchets à valeur énergétique (huiles, pneus, biomasse…).  

 

Soutenir l’innovation et l’investissement industriel dans des procédés respectueux de l’environnement, en soutenant le recyclage et l’économie circulaire et en rendant obligatoire réglementairement la réparabilité des produits.

 

Instaurer le principe d’une loi visant à valider de manière régulière l’intérêt des changements de technologie au regard des valeurs de sobriété, d’humanisme et d’égards pour le vivant (sur le même principe que les lois de bioéthiques). Le changement technologique est le résultat de choix politiques. L’adoption de technologies comme la 5G, les OGM… ne doivent pas être automatiques ou se faire sur le seul principe qu’elles intègrent une amélioration des performances économiques, financières, techniques. 

 

Revaloriser les programmes de recherches accompagnant la transition écologique : mobilités alternatives, agroécologie, recyclage, santé environnementale, accompagnement aux changements d’usage… Ces programmes sont souvent marginaux et marginalisés en termes de moyens et d’équipe

 

Les Grandes Thématiques

 

Les contributions des membres du collectif émanent de 300 personnes qui, parmi les 3 500 membres du collectif Une certaine idée de demain, se sont engagées dans les travaux des différents groupes thématiques  portant sur de nombreux sujets : santé, éducation, condition animale, égalité femme- homme, politique internationale, biodiversité, migrations…

Ces  contributions sont regroupées ci en grandes thématiques qui sont autant d’ambitions :  

1 - Dans un monde d’interdépendances, bâtir notre politique étrangère sur la coopération 

2 - Assurer l’égalité 

3 - Déverrouiller la démocratie 

4 - Garantir des sécurités fondamentales à chacun·e 

5 - Construire l’économie de demain 

6 - Chérir le vivant 

7 - Développer une culture de la sensibilité, construire une école égalitaire et émancipatrice (page actuelle)