Article - Santé environnementale

Article - Santé environnementale

Préserver la santé, prendre soin de l’environnement : pour une santé en commun

 

Préserver la santé, prendre soin de l’environnement : pour une santé en commun

 

 

Introduction

La crise sanitaire jette une lumière crue sur la fragilité de nos conditions de vie. Comme beaucoup d’autres maladies émergentes, la covid-19 est une conséquence des profondes transformations que l’humanité impose à l’environnement naturel. Le changement climatique s’accentue, la déforestation se poursuit, les élevages intensifs se développent et la faune sauvage fait l’objet de divers commerces et trafics. En dégradant les écosystèmes c’est notre cadre de vie que nous fragilisons, notre santé que nous menaçons. 

Il est aujourd’hui urgent de réaliser collectivement que nos modes de vie influent directement sur les milieux naturels et la vie qu’elle héberge, y compris la nôtre. A l’heure des confinements, chacun.e sent bien le besoin vital d’évoluer dans un cadre sain, qui préserve tant la santé physique que le bien-être mental. 

Une des leçons de cette crise tient ainsi en quelques mots : notre environnement, c’est notre santé. Un véritable défi pour le “monde d’après” : prendre soin de notre environnement pour préserver notre santé... Quoi qu’il en coûte? 

 

Notre environnement, c’est notre santé

Nombreux sont les exemples qui démontrent les liens directs entre environnement et santé. Selon Santé Publique France, 48 000 personnes décèdent du fait de la pollution de l’air chaque année en France. Ces décès sont d’abord liés aux particules fines (PM2.5), qui sont notamment émises par le trafic routier (particulièrement par les moteurs diesels). Plus de la moitié de ces décès surviennent dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Un article publié dans la revue Environmental Research le 9 février 2021 indique par ailleurs que ces chiffres pourraient être largement sous-estimés, et suggère que les particules fines émises par la combustion d’énergies fossiles pourrait entraîner plus de 97 000 décès prématurés en France chaque année. Il n’y a cependant pas de fatalité, et Santé Publique France souligne que “si toutes les communes françaises respectaient la valeur recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (10Œg/m3), ce sont plus de 17 000 décès qui pourraient être évités chaque année en France”.

 

Comment faire? L’OMS recommande notamment de “donner la priorité aux transports publics dans les zones urbaines, aux réseaux pédestres et cyclables et au transport ferroviaire interurbain”, d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, et d’augmenter le recours aux énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien et l’hydraulique. Tout cela est possible, pour peu qu’à chaque échelon du territoire ces objectifs soient érigés en priorités de l’action publique. 

Si l’air est pollué, l’eau l’est malheureusement aussi. Deux exemples suffiront à illustrer l’urgence à agir. 

D’abord, la poursuite de l’augmentation des ventes de pesticides et d’herbicides en France, malgré l’accumulation des preuves scientifiques et la prise de conscience de la société à ce sujet. En 2018, ce sont près de 86 000 tonnes de ce qu’on appelle des “substances actives” qui ont été vendues en France, en augmentation de 21% par rapport à 2017 et en augmentation de 22% en moyenne triennale depuis 2009-2011. Là encore pas de fatalité, mais une impérieuse nécessité d’investir massivement pour accompagner les agriculteurs dans la transition, en rappelant que c’est en premier lieu leur santé qui est menacée par les pesticides.  

Second exemple, la présence croissante de microplastiques dans l’eau. Une étude de l’université de Newcastle indique qu’un être humain pourrait ingérer 5 grammes de plastique par semaine, provenant pour l’écrasante majorité de l’eau potable. La sortie du plastique est un enjeu mondial : selon le WWF, 8 millions de tonnes de plastique terminent leur course dans les océans chaque année. Devant ce défi titanesque, des mesures structurelles doivent être prises au plus vite : créer des systèmes de consigne, étendre le champ des interdictions concernant les objets plastiques à usage unique, renforcer les filières de recyclage, ou encore investir dans le développement de matériaux alternatifs. 

 

Une santé en commun

Si notre environnement est notre santé, notre environnement est aussi celui des autres espèces vivantes. Mieux, les espèces vivantes constituent les unes pour les autres leurs environnements respectifs. Autrement dit, la santé des différentes formes de vie sur Terre, dont l’humanité fait partie, sont interdépendantes. Cette approche a été popularisée via le concept de One Health, traduit en Français par “une seule santé”. Ce dernier souligne que l’on ne saurait préserver la santé humaine sans prendre soin des écosystèmes : nous avons donc un destin commun, une santé en commun.  

Cette vision d’une santé en commun, c’est celle d’une société qui investit sur la prévention, qui promeut activement un cadre de vie sain, et qui prend soin du vivant. Parler d’une santé en commun invite ainsi à traiter dans un ensemble cohérent les politiques publiques qui contribuent à ces objectifs, telles que l’éducation à la santé et à l’environnement, l’aménagement du territoire et les mobilités, l’agriculture, l’élevage, l’alimentation et la condition animale, l’industrie et les déchets, ainsi que la préservation des écosystèmes.

 

 

1 Global mortality from outdoor fine particle pollution generated by fossil fuel combustion: Results from GEOS-Chem 

La pollution de l'air provoquerait près de 100.000 morts prématurées par an en France 

2 Impacts de l'exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France continentale et analyse des gains en santé de plusieurs scénarios de réduction de la pollution atmosphérique

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