Une certaine idée du Finistère Sud

Une certaine idée du Finistère Sud

Le Finistère Sud vit entre champs, colombages et littoraux : vaches laitières, maraîchage, pêche, économie de la mer, fret maritime, culture bretonne et petits commerces de Quimper, c’est toute une diversité territoriale et paysagère qui fait la fierté du vivre ensemble.

Le Finistère Sud vit entre champs, colombages et littoraux : vaches laitières, maraîchage, pêche, économie de la mer, fret maritime, culture bretonne et petits commerces de Quimper, c’est toute une diversité territoriale et paysagère qui fait la fierté du vivre ensemble.

Pourtant, cette même diversité territoriale est aujourd’hui en danger. Les petits bateaux de pêche, par manque d’accompagnement et de représentation collective, sont concurrencés par les grands chaluts. À Douarnenez, la vente directement au port est interdite, défavorisant  les petits pêcheurs qui pourraient profiter des circuits courts pour pérenniser leurs activités. La pêche au grand large attire également de moins en moins : deux semaines en mer dans des conditions de travail terribles rendent le métier peu motivant pour les jeunes. La transmission s’éteint. Une menace symbolique, économique et sociale, pèse maintenant sur les petites villes du littoral : le silence des ports.  

Dans les terres, des paysans cherchent à faire autrement. En sortant des rouages de l’agriculture industrielle, ils essayent de reprendre le pouvoir d’agir sur leur production, de favoriser des produits de qualité, de cultiver d’autres liens avec leurs animaux, plus justes pour les humains comme les troupeaux, de créer de l’emploi, d’ancrer à nouveau leurs fermes dans leurs territoires. Et cela fonctionne : les fermes laitières et maraichères, en s’orientant vers l’agriculture biologique, en créant de la valeur ajoutée à leurs produits et en commercialisant autrement, dégagent davantage de marge, sortent de la spirale de l’endettement et créent de l’emploi : un paysan pour 20 vaches contre un paysan pour 150 vaches dans les fermes industrielles du territoire. Ça fonctionne donc, mais peu de paysans osent franchir le pas. En cause : le manque d’accompagnement, de formation et d’incitation politique.   

À Fouesnant, sur le littoral breton, des milliardaires s’approprient les littoraux pour se réserver des accès privés à la mer, avec des constructions en bord de falaise. Ils contournent ainsi la Loi Littoral qui protège les côtes et qui revendique le lien à la mer comme un commun appartenant à tous et toutes. À Quimper enfin, un projet d’Amazon met en péril la vie du centre-ville. Un libraire qui cède sa place et c’est toute la culture du centre de la commune qui s’en retrouve à jamais heurtée.

Les liens des habitants du Finistère à leur territoire sont en permanence dénoués. Tout cela peut pourtant être réparé en déployant une nouvelle idée du Finistère Sud. En tant qu’humanistes et écologistes, nous devons protéger la Loi Littoral et demander aux préfets de l’appliquer contre la gourmandise des milliardaires. Nous devons accompagner le changement agricole en proposant aux paysans et paysannes qui souhaitent changer de modèle un véritable accompagnement, des structures collectives de soutien, des financements permettant la transition. Au lieu d’autoriser un nouveau site Amazon, déployons l’emploi autrement au cœur du territoire de Quimper et dans les villages alentour, en misant sur une diversité d’entreprises et de commerçants cultivant des liens, cultivant le commun ! À Douarnenez, accompagnons les petits pêcheurs pour leur offrir des filières qui assurent des débouchés durables à la pêche, finançons la recherche pour trouver d’autres manières de pêcher au large tout en améliorant les conditions de travail sur les bateaux, proposons de nouvelles manières d’aménager les ports en déployant une véritable offre culturelle et économique pour remettre de la vie, des liens et des opportunités pour tous et toutes dans les petits ports bretons.

C’est en faisant du Sud Finistère une véritable terres de relations que l’on trouvera les chemins d’une émancipation sociale et économique pour tous et toutes, que l’on pourra emmener humains et non humains dans un horizon commun. 

 

Si vous voulez construire une autre voie pour 2022, vraiment écologiste et humaniste, rejoignez Une Certaine Idée de Demain !