L' écologie c'est la santé!

L' écologie c'est la santé!

La crise sanitaire du Covid-19 a mis en lumière un enjeu fondamental de nos sociétés, sacrifié ces dernières années : la santé publique. Manque de moyens humains, restrictions budgétaires, gestion managériale catastrophique... Notre système a été mis à mal depuis plusieurs années par des politiques publiques qui ont fait de la santé un marché comme un autre.


La crise sanitaire du Covid-19 a mis en lumière un enjeu fondamental de nos sociétés, sacrifié ces dernières années : la santé publique. Manque de moyens humains, restrictions budgétaires, gestion managériale catastrophique... Notre système a été mis à mal depuis plusieurs années par des politiques publiques qui ont fait de la santé un marché comme un autre.

Pourtant, elle est notre bien commun. Si la crise a révélé la vulnérabilité de tou·te·s et de notre société, elle a appuyé la nécessité d’un changement de paradigme : le soin n’est pas un enjeu individuel, mais sa gestion doit être politique et collective.

C’est de cette exigence qu’Eric Piolle entouré de Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale, Laura Slimani, adjointe Génération(s) au Maire de Rouen, Alice Desbiolles, responsable de la commission santé d’EELV, Paul-Simon Pugliesi, membre du collectif santé en danger, Pierre André Juven, chercheur au CNRS et Jennifer Bouder, infirmière psychiatrique, déléguée CGT, ont discuté ce mercredi 24 février lors d’une visioconférence.

La santé de demain menacée

Les scientifiques s’accordent à dire que les pandémies risquent de se multiplier dans les années à venir. La déforestation, l’exploitation massive des sols, la disparition de la biodiversité... Toutes ces actions humaines sur notre environnement menacent l’équilibre sanitaire au niveau mondial.

La crise sanitaire a fragilisé un système de soin déjà mis à mal par les réformes de santé capitalistes et néolibérales depuis 30 ans. En généralisant la tarification à l’activité, les soignant·e·s subissent depuis des années une pression insupportable : soigner de plus en plus de patient·e·s en moins de temps, avec moins de moyens et peu de reconnaissance. Les limites de la pensée gestionnaire imposée aux hôpitaux étaient déjà connues, dénoncées par les soignant·e·s , mais ignorées des décisionnaires. Un changement radical est plus que jamais nécessaire afin de repenser en profondeur notre système de santé.

Pour une démocratie sanitaire et territoriale

La santé ne peut faire l’objet de logiques économiques de maîtrise des coûts. Le soin nécessite une pensée politique et une gestion collective, et c’est à cela que répond la démocratie sanitaire. 

Introduire de l’humanité dans les soins, se recentrer sur une gestion territoriale de la santé, inclure les patient·e·s dans une logique de concertation et prendre en compte leur expérience afin d’améliorer les protocoles... C’est tout un système qui est à repenser et qui va à contre-sens de la gestion sanitaire actuelle, opaque, paternaliste et descendante.

La nécessité de prendre en charge la santé mentale

La santé mentale est un tabou qui a éclaté lors de cette crise sanitaire. La détresse psychologique de la population a été exacerbée notamment chez les jeunes où 1 étudiant·e sur 3 présente aujourd’hui des signes de détresse psychologique, selon l’Observatoire de la vie étudiante.

Le système de soins psychiatriques est en tension, alors qu’il était déjà fragilisé par les réductions d’effectifs et les fermetures de structures médicales de proximité. Il est urgent d’introduire la santé mentale comme un problème de santé publique majeur. Cela doit notamment passer par la prévention à l’école, en renforçant le nombre de psychologues scolaires et en développant des programmes psychosociaux de grande échelle par exemple. La gestion de cette urgence doit également se faire par la lutte contre les inégalités, aggravées par cette crise et qui rendent les populations plus vulnérables.

Investir pour la prévention et agir contre les inégalités

Les problématiques de santé sont transversales et la politique de prévention doit être incluse à l’ensemble de l’action publique. 

L’incendie de l'usine Lubrizol à Rouen en 2019 est l’exemple de la responsabilité de la puissance publique  dans la prévention de telles catastrophes industrielles et sanitaires. “Le respect des règles n’est aujourd’hui pas respecté par la majorité des industriels” dénonce Laura Slimani. Le suivi sanitaire a été négligé par l’Etat et les conséquences sanitaires et mentales de cet incendie sont encore aujourd’hui mal évaluées.

Les collectivités ont leur rôle à jouer par le biais de la commande publique. Les menus bio et les alternatives végétariennes à l’école en sont des exemples. La politique de prévention passe plus largement par la lutte contre la précarité économique, pour une meilleure qualité de l’air, pour renforcer l’accès de tou·te·s à un logement digne... 

“La crise sanitaire a fait apparaître “les premières de corvées”” Pascale Molinier

Cette prévention sur le long terme devra se coupler à une revalorisation du statut des métiers de premières lignes (auxiliaires de vie, infirmier·e·s, aide soignant·e·s...), à l’élargissement de la couverture sociale afin d’assurer la prise en charge des actes de prévention, et en faisant reculer la privatisation de notre système de soin.

La solidarité, la concertation, l’humanisme sont autant de valeurs que porte l’écologie politique et qui nécessitent d’être introduites dans nos politiques de santé publique. C’est l’ensemble de l’action publique que nous devons remodeler afin de répondre aux urgences sociales, économiques, environnementales et sanitaires. L’enjeu est grand, les solutions sont nombreuses... Soyons prêt·e·s ensemble à porter cette ambition !

 

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