Une certaine idée de la Zad du Carnet

Une certaine idée de la Zad du Carnet

Mardi 23 mars la Zone à Défendre du Carnet s’est faite expulser après 7 mois à protéger le vivant. Les activistes écologistes s’interposaient entre un écosystème d’une grande richesse et un projet de zone industrielle d’un autre temps.

Mardi 23 mars la Zone à Défendre du Carnet s’est faite expulser après 7 mois à protéger le vivant. Les activistes écologistes s’interposaient entre un écosystème d’une grande richesse et un projet de zone industrielle d’un autre temps.

Le Carnet est un site naturel de 400ha au sud de l’estuaire de la Loire. Cette ancienne île est habitée par 116 espèces protégées et couverte majoritairement par des zones humides présentant un fort intérêt écosystémique (biodiversité, régulation des crues, protection des littoraux). Cette richesse est menacée par l’un des 78 sites « clés en main » lancé en 2020 par le gouvernement LREM d’Emmanuel Macron. Ces zones ont pour objectif d’attirer des gros industriels du monde entier en leur déroulant le tapis rouge pour qu’ils puissent s’installer dans un délai de 6 mois seulement. L’Etat et les collectivités territoriales réalisent les études d’impacts et entament les travaux préliminaires pour rendre le terrain constructible avant même de savoir quelles entreprises vont venir s’installer et d’en connaitre ainsi l’impact réelle ! Face à cette régression du droit de l’environnement, l’association Notre Affaire A Tous a déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre ces sites clés en mains.

Au Carnet, 110ha de zones naturelles sont menacées d’artificialisation, tandis que le reste de l’île risque d’être perturbé par les nuisances indirectes, comme celles générées par la circulation de 550 poids lourds par jours aux abords du site. 

Dans les années 70, l’île avait été défendue contre un projet de centrale nucléaire, abandonnée en 1998 suite aux fortes mobilisations populaires. C’est encore une fois l’attachement des riverains au site qui a fait naitre le collectif Stop Carnet en 2019 afin de mobiliser les citoyens s’opposant au projet industriel. Suite au début des travaux en août 2020, une ZAD s’est également implantée pour protéger le site des bulldozers, tout en le laissant accessible aux promeneurs. La zone est ainsi devenue un lieu de vie et de lutte, accueillant des personnes sans solutions de logement et ayant à cœur de combattre les inégalités et oppressions systémiques. La convivialité du lieu a permis à certain·es d’expérimenter un mode de vie basée sur la liberté, l’horizontalité et l’entraide. Dans la lignée des nombreux week-ends de chantiers collectifs ayant permis de construire les cabanes et de créer des liens forts, les militant·e·s avaient organisé le 21 mars une « fête de printemps ». Au programme : plantations et potagers collectifs, construction de four à pain, pizzas au feu de bois, jam session, balade naturaliste et joie de vivre !

Deux jours plus tard plus de 400 membres des forces de l’ordre gazent, chargent et interpellent les quelques activistes. Un hélicoptère, des zodiacs et des blindés sont mobilisés sur instruction de Gérard Darmanin et du préfet des pays de la Loire. Face à ce dispositif disproportionné, les zadistes fuient dans la roseraie et se réfugient dans les arbres pour tenter d’échapper à la répression. Les cabanes, construites par les innombrables mains portées par un idéal commun, sont détruites par des bulldozers. 

Si les cabanes sont maintenant détruites, les liens, les idées et la dynamique qui s’est construite durant les 7 derniers mois ne peuvent être écrasés par des machines. C’est le témoin d’un nouveau rapport au monde plus juste et plus écologique.

 

Si vous voulez construire une autre voie pour 2022, vraiment écologiste et humaniste, rejoignez Une Certaine Idée de Demain !