Une certaine idée de Montpellier et de l’Hérault

Une certaine idée de Montpellier et de l’Hérault

L’écologie sans social, c’est du badinage ! 

En compagnie de deux figures nationales impliquées dans les quartiers populaires -Mohamed Mechmache et Salah Amokrane-, Eric est allé à la rencontre des associations qui font vivre et contribuent à l’émancipation de la jeunesse dans ces quartiers. De Bagatelle avec  Val de Crozes Kick Boxing, à Figuerolles et sa culture gitane sublimée par Cap Gely , en terminant par la Paillade, à la rencontre du poète-auteur-organisateur d’agoras M. Nourdine BARA.

Crédit photo : M. MAKTOUBI

    Le soir venu, pour échanger sur le lien entre écologie et quartier populaire, le média alternatif “la Carmagnole" a réuni Mohamed, Salah et Éric en direct sur le plateau de leur webtv . Eric a pu expliquer qu’il est venu à l’écologie par une approche d’abord sociale, via “l’accueil des migrant·e·s” et la question humaniste, qui l’a ensuite ouvert sur les enjeux écologistes - car selon lui, tous ces enjeux trouvent des “racines communes”. Pour avancer, une des pistes partagée avec Yona Naili -militante écologiste, elle-même issue d’un quartier populaire -  serait d’adapter l’écologie aux codes des quartiers et non l’inverse. Par exemple, Grenoble a été une des premières collectivités à salarier des “travailleur·euse·s pair·e·s”  dans des quartiers populaires, pour agir que ce soit sur des enjeux de précarité énergétique, et de soin/prévention sanitaire. Pour résumer : il vaut mieux former des habitant·e·s pour qu’iels essaiment plutôt que de mobiliser des agent·e·s formé·e·s ailleurs et qui n’auraient pas les codes.

Crédit photo : Sylvain Delavergne

Solidariser plutôt que d’opposer les formes de précarité

Crédit photo : campagne d’A.MAURICE

En plus de ces deux temps forts, des tables rondes réunissant Eric, Antoine Maurice (tête de liste régionale en Occitanie), Romain Nicoulaud et des militant·e·s de Montpellier ont permis d’évoquer le lien entre les formes de précarité (énergétique, logement, accès à la culture, sanitaire) et les formes de territoires oubliés (ruraux, populaires). Parmi ceux-ci, les territoires ruraux : principales victimes des politiques de métropolisation. Ça tombe bien, c’était une des questions soulevées lors du déplacement à Prades-le-lez, commune de 5200 habitant·e·s. 

Crédit photo : campagne A.MAURICE

Sur place, Eric et Antoine ont rejoint Coralie Mantion, 2ème vice-présidente à la métropole de Montpellier, ainsi que Bruno Chichignoud, candidat aux élections départementales et Florence Brau, nouvelle édile de la commune et seule maire EELV de la métropole montpelliéraine. Ont été évoquées la métropolisation, la problématique d’être une petite commune dans une métropole, la candidature de Bruno Chichignoud aux départementales ainsi qu’une lutte locale : le projet Oxylane (voir ci-dessous).


Projet Oxylane : attention, danger, ici on construit un chantage racoleur ! 

Le chantage à l’emploi est bien connu des élu·e·s : de Gonesse à Montpellier, nous aurions -nous citoyen·ne·s, à travers nos collectivités-, tout intérêt à bétonner des hectares et à dérouler le tapis rouge à de nouvelles zones commerciales pourvoyeuses d’emplois. Ceci non pas pour artificialiser, densifier et homogénéiser un peu plus nos zones périphériques -et au passager tuer l’activités des centres-villes- mais bien pour  “ramener l’emploi” dans nos territoires… Quelle bonté !

A Prades, Eric Piolle a pu rencontrer les représentant·e·s du collectif Oxygène qui s’efforce de combattre ce mythe depuis 2014,  entretenu en l'occurrence par le groupe Décathlon. Ce dernier entend s’implanter sur 24 ha de terres agricoles au Nord de Montpellier - sur la commune de St-Clément-de-Rivière-, avec un grand projet de lotissements commerciaux nommé Oxylane. Ce collectif s’est présenté comme le porte-drapeau d’une lutte mais aussi d’un projet alternatif : le projet AgriFont qui, en petit frère de CARMA à Gonesse, ambitionne  la création d’une exploitation agricole (maraîchage, céréaliculture, vergers, petit élevage) qui reposera sur l’acquisition du terrain par la commune.

“Sur les 24 hectares du terrain convoité par Décathlon, environ 20ha sont actuellement cultivés (...) Or, les défenseur·euse·s du projet avancent l’argument que cette terre n’aurait qu’une faible valeur agricole”. Étonnant !  Et le collectif de rappeler que l’Hérault aurait besoin de 465 mille hectares pour nourrir sa population, mais que -de ZAC, en friches viticoles, en projets autoroutiers- sa surface cultivée est aujourd’hui 2,5 fois inférieure à ce besoin (soit 185 mille ha : de quoi couvrir les besoins de Montpellier seuls). Inutile de développer sur les risques en matière de sécurité alimentaire, dans l’une des  régions les plus exposées aux risques climatiques et notamment à la sécheresse.

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