Une certaine idée de Port-La-Nouvelle

Une certaine idée de Port-La-Nouvelle

Un Grand Projet Inutile de la Région Occitanie

Cette petite commune du littoral audois qui compte déjà cinq sites Seveso est le lieu d’un projet pharaonique de la Région Occitanie. Des travaux d’extension de ses infrastructures portuaires sont en cours dans le but d’accueillir les porte-conteneurs géants (comme L’Ever Given, navire de 400 mètres qui a bloqué le canal de Suez en mars dernier).

En 2013, les nombreuses réserves formulées dans l’enquête publique n’ont pas été prises en compte par la maîtrise d’ouvrage régionale. L’Ifremer, la Commissions Locale de l’Eau, l’Agence Française de la Biodiversité, le Conseil National de la Nature, la Mission Régionale d’Autorité Environnementale entre autres, ont alerté sur la dangerosité des travaux pour l’environnement : 

  • La construction d’environ 3000 mètres de digues, menace directement l’existence de la plage de la Vieille Nouvelle (phénomène bien documenté d’érosion du trait de côte) et les échanges entre la mer et les étangs de Bages-Sigean.
  • Le déplacement par camion de 4 millions de tonnes de roches extraites dans le massif des Corbières n’a pas été évalué du point de vue des émissions de gaz à effet de serre.
  • Le dragage de 10 millions de m3 de sédiments et de centaines d’hectares de fonds marins, entraîne notamment une augmentation considérable des niveaux de turbidité et de pollution des eaux.

 Un projet de port très adapté aux enjeux économiques … des trentes glorieuses !

Dès le débat public de 2013, de nombreux acteurs économiques, comme Lafarge et les pétroliers implantés sur le port ont dénoncé l’intérêt économique d’un projet “serpent de mer” pensé dans les années 1970 dans le contexte des 30 glorieuses et d’une croissance du trafic maritime. 

De plus, outre l’investissement de 300 millions d’euros uniquement pour la première phase de ce projet, la Région a signé ce mois d’avril 2021 un contrat de concession pour une gestion privée du Port (une première en France !) qui conduit à une privatisation des éventuels profits de ce port tout en faisant peser les risques financiers sur les contribuables.

Le projet commercial de cette SEMOP, document sur lequel le conseil régional a fondé sa décision, concurrence explicitement l’activité du Port de Sète, propriété de la Région Occitanie et dèjà équipé pour l’accueil des gros transporteurs.

Un projet du monde d’avant, repeint en vert [ #Greenwashing]

Sous prétexte d’expérimentation d’éoliennes en mer, ce projet est présenté au public comme un port “vert”, un “hub des énergies renouvelables". Or, le projet commercial de la SEMOP s’inscrit dans un modèle économique productiviste et extractiviste qui ne tire aucune leçon de la crise écologique que nous traversons et s’éloigne des engagements pris par la France dans les accords de Paris. 

La décision du conseil régional d’Occitanie relative à la création de la SEMOP est fondée sur un modèle commercial qui prévoit notamment :

  • l’augmentation des importations d’hydrocarbures
  • l’importation de céréales du Canada, en contradiction avec l’opposition de la Région aux accords de libre-échange TAFTA et CETA.
  • l’importation de bois et de bioéthanol du Brésil, deux activités qui encouragent directement la destruction de la forêt Amazonienne
  • l’importation d’hydrogène “vert” du Magreb et du sultanat d’Oman (ressource gourmande en eau)
  • l’importation massive d’engrais azotés, (jusqu’à 7000 tonnes par an) qui, en dehors du risque d'explosion (AZF, Beyrouth), représentent une source très importante d’émissions de gaz à effet de serre, et va à l’encontre du développement de l’agriculture biologique.

À Port-La-Nouvelle, un autre Port est encore possible !

Grâce notamment à la mobilisation d’un collectif de riverain Balance Ton Port-La-Nouvelle, des actions sont en cours pour revenir sur la privatisation du Port. De plus, les élections régionales constituent une véritable opportunité de proposer un autre projet pour les nouvellois·es et la région Occitanie. Le 11 avril dernier, Éric Piolle était à Port-La-Nouvelle, avec Antoine Maurice, tête de liste écologiste pour les élections régionales en Occitanie, pour soutenir ce projet alternatif pour un vrai port du futur à Port-La-Nouvelle.

Le projet écologiste prévoit une évolution progressive, adaptée aux besoins économiques réellement identifiés et prenant en compte les retours d’expérience sur l’incidence sur l’environnement.

Sur le projet de construction en lui-même, des aménagements sont encore possibles mais le point de non-retour semble malheureusement quasi atteint. 

Sur le plan commercial en revanche, une Région écologiste reviendra sur la privatisation du Port pour passer en régie directe et à moindre frais, afin de mettre en place une véritable coopération avec le port de Sète dans une organisation portuaire unique “Port Sud de France”.

Cette coopération régionale permettra l’implantation d’activités d’avenir, comme :

  • Une filière de la déconstruction navale, en lien avec l’Union Européenne. 
  • Un centre de recherche et développement  autour des bateaux du futur et des matériaux composites, adossé à un centre de formation.
  • Des activités de construction des bateaux nettoyeurs des mers comme le projet de The SeaCleaners.
  • Le report modal des camions vers le petit trafic maritime à partir de Port-La-Nouvelle.
  • Des activités de transformation des produits de la mer : poissons, crustacés, salicorne…
  • Des activités de transformation alimentaire locale. Historiquement, Port-La-Nouvelle est le port d'exportation de blé dur du sud de la France vers l’Italie où il est transformé en pâtes. On peut imaginer transformer ces produits sur place dans une perspective de relocalisation de la production alimentaire.

Si vous voulez construire une autre voie pour 2022, vraiment écologiste et humaniste, rejoignez Une Certaine Idée de Demain !